04 Mai 2019

L’emploi dans le monde rural

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la majorité de la population pauvre de la planète vit en milieu rural et environ 86% des ruraux vivent de l’agriculture. Les systèmes agricoles comprennent un ensemble de tâches interdépendantes de cueillette, de production, et d’activités après-récolte. Il s’ensuit alors qu’en dehors de l’agriculture proprement dite, les ménages ruraux tirent aussi  leurs moyens d’existence de diverses activités relevant d’autres sous-secteurs clés, tels que l’élevage, l’agroforesterie, la pêche et l’aquaculture.

Le Maroc n’y fait pas exception. En effet, A l’échelle nationale, 45% de la population active est employée dans le secteur de l’agriculture qui représente 15 à 20% du produit intérieur brut du royaume. Une part assez importante de la main d’œuvre agricole dans le monde rural est constituée principalement des jeunes et des femmes.

Par ailleurs, la main d’œuvre agricole salariale tient une place majeure dans l’agriculture et constitue une part importante de la population active agricole. La majorité de cette main d’œuvre est constituée de paysans sans terres et n’ayant que leurs forces de travail à offrir.

Le Centre marocain de conjoncture a récemment confirmé dans un numéro composé de plusieurs axes que : « L’agriculture marocaine demeure le premier pourvoyeur d’emplois du pays avec près de 40% de l’emploi total et constitue donc un outil efficace de lutte contre la pauvreté notamment dans le milieu rural ».

Le Plan Maroc Vert (PMV), stratégie globale du secteur agricole, a permis de confirmer que l’agriculture peut être un levier performant de la croissance économique. Lancé en 2008 par le roi Mohammed VI, le PMV a considérablement contribué à la promotion de l’emploi des jeunes, à l’amélioration des revenus des agriculteurs et à la relance de la productivité des coopératives agricoles.

En effet, le ministère de l’Agriculture accorde une importance toute particulière à la formation professionnelle et ce pour accompagner les nouveautés que connait le monde en la matière. Dans ce sens, le PMV s’assigne pour objectif de renforcer les compétences des jeunes afin de créer davantage d’emplois et répondre aux besoins du secteur.

En outre, la promotion de l’auto-emploi des jeunes, du secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ont été confortés ces dix dernières années, par une série d’actions dont notamment la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie d’enseignement et de formation agricole visant à diversifier les filières de formation, à encourager les jeunes en milieu rural à accéder aux formations et accompagner et soutenir les diplômés des instituts de formation professionnelle agricole souhaitant créer leur propres entreprises.

Pour finir, près de 250.000 emplois ont été créés durant la période entre 2008 et 2018 grâce au PMV, dans le secteur agricole. De ce fait, la moyenne annuelle de l’évolution du PIB agricole a atteint 5,25%, pour se situer à 125 MMDH en 2018, soit une augmentation de 60% par rapport à 2008.

14 Mar 2019

Intégration de la dimension genre dans le développement agricole au Maroc

Le gouvernement marocain a entamé l’exécution de programmes de développement au profit de la femme rurale, suite au discours Royal du 1er novembre 1999, dans lequel le Souverain a appelé les responsables à orienter leurs efforts en priorité en faveur des femmes rurales, qui constituent la catégorie la plus affectée par la pauvreté.

En juillet 2000, le Souverain a réitéré son appel au gouvernement, contenu dans le message Royal d’orientation concernant le plan de développement économique et social, d’adopter le concept du développement intégré pour combler le déficit et les disparités sociales et spatiales, d’intégrer la jeunesse au processus de production, d’encourager son esprit d’initiative, d’associer la femme au développement, de lutter contre la pauvreté, la misère, l’exclusion et la marginalisation, de propager l’esprit de solidarité et d’entraide, de préserver la dignité, d’adopter des plans régionaux de développement et de dynamiser le rôle de la région dans le développement.

Au fil du temps, la femme rurale est devenue de plus en plus au centre des préoccupations des politiques et stratégies de développement agricole du monde rural, élaborées par le département de l’agriculture. En effet, ce dernier accorde un intérêt particulier à la gent féminine et au souci de réduction des inégalités entre hommes et femmes.

Cet intérêt ne vient pas au hasard. Les statistiques officielles révèlent que les femmes rurales représentent plus de 50% de la population rurale, elles constituent 40% de la main d’œuvre permanente et occasionnelle du secteur agricole. Sans oublier que plus de 7% des exploitations agricoles marocaines sont gérées par des femmes.

Dans ce sens, la stratégie Plan Maroc Vert place l’élément humain au centre de ses préoccupations en adoptant un mode de gouvernance qui assure l’égalité d’accès à toutes les catégories sociales et sans distinction de genre, aux différents programmes et projets de développement agricole et rural.

Le Pilier II du PMV soutient en particulier l’agriculture solidaire et intègre fortement les femmes à travers des projets spécifiquement destinés aux organisations féminines agricoles. Comme résultat, nous assistons à une augmentation notable du nombre de coopératives créées dans le cadre de la dynamique du PMV dans différentes filières agricoles avec environ 1 779 coopératives regroupant près de 32 126 femmes.

Dans un séminaire organisé à Rabat le 18 décembre 2017, sous le thème « l’intégration de l’approche genre dans le secteur agricole », M. Sadiki, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts,  a mis l’accent sur l’importance de la femme rurale. Il a confirmé qu’elle contribue dans 93% des activités agricoles et para-agricoles le long des chaines de valeurs, de production et de valorisation depuis le producteur au consommateur.

Les femmes sont présentes dans la quasi-totalité des activités agricoles et interviennent dans l’ensemble des filières de production, leur taux d’activité s’élève à 71,4% en milieu rural contre 34,2% en milieu urbain.

Sue le plan pratique, les femmes s’occupent avant tout du désherbage, de la récolte et du stockage des cultures vivrières et elles participent également aux semis, au repiquage, aux travaux d’irrigation, à la lutte contre les ravageurs et à la fertilisation des sols.

Par ailleurs, le département de l’Agriculture accorde une place importante à la femme rurale et déploie des efforts considérables à travers l’élaboration d’actions dans le cadre du Pilier II du Plan Maroc vert, destiné à soutenir l’agriculture solidaire et à intégrer effectivement les femmes dans le milieu agricole à travers divers projets dédiés aux organisations féminines agricoles.

En outre, une panoplie d’actions est entreprise pour l’accompagnement et l’encadrement des femmes dans le milieu rural, notamment l’encouragement et le renforcement du mouvement organisationnel féminin en agriculture autour de projets agricoles, le renforcement des capacités organisationnelles et techniques des femmes rurales, le conseil agricole, l’appui à la labellisation, promotion et commercialisation des produits.

Que ce soit des coopératives de transformation du cactus, d’extraction et de commercialisation de l’huile d’argan ou encore des coopératives d’élevage ovin ou caprin…, au Sud comme au Nord du royaume, les coopératives féminines agricoles sont l’exemple de l’émancipation de la femme et du renforcement de son rôle au sein de la société pour améliorer ses conditions de vie lutter contre la pauvreté.

23 Jan 2019

#Newsletter 1 : Coopératives agricoles entrepreneuriales : levier pour la création d’emploi et le soutien des jeunes du monde rural.

L’agriculture marocaine constitue un secteur important pour le développement économique et social. Réunissant près de 1,5 million d’agriculteurs, le secteur contribue à hauteur de 15 %  au PIB national et génère près de 40 % de l’emploi.

Pays à vocation agricole, le Maroc a déployé des efforts louables en matière de sensibilisation des agriculteurs à l’importance des associations professionnelles comme forme d’organisations entrepreneuriales.

Dans cette optique, le Plan Maroc Vert, stratégie ambitieuse lancée en 2008, constitue une plateforme importante qui a permis le développement de ce modèle économique coopératif visant la dynamisation de l’emploi dans le monde rural  et la modernisation et le développement du secteur agricole.

Programme « Mourafaka » : vers une pérennisation des coopératives  

Les coopératives jouent un rôle de plus en plus important dans le développement économique et social du Maroc. Depuis 2005, L’Initiative nationale du développement humain (INDH) encourage la création et la pérennisation des structures de l’économie sociale et solidaire.

En effet, le programme « Mourafaka » de l’INDH est un programme d’appui post-création aux coopératives nouvellement créées. Il propose de soutenir les coopératives par un package intégré de services qui interviennent sur des maillons essentiels pour son démarrage et la pérennisation de son activité.

Pour un meilleur développement agricole et rural

Une convention cadre de partenariat a été signée le vendredi 21 novembre 2015 à Skhirate, au Maroc, entre le secrétaire général du Crédit agricole du Maroc, Jamal Eddine El Jamali, et le directeur de l’Office du développement de la coopération, Abdelkrim Azenfar, pour l’accompagnement et le financement des coopératives agricoles et opérant dans le monde rural.

Objectif : un accompagnement technique et financier pour la mise à niveau et le renforcement des capacités de gestion des coopératives agricoles et de leurs unions.

Une panoplie de mesures a été prévue pour assurer des financements spécifiques aussi bien pour les coopératives que pour leurs membres et salariés, notamment les ouvertures de compte, la banque assurance, les avances et les crédits  de consommation et de logement…

Une autonomie progressive des coopératives agricoles ?

La création de coopératives agricoles joue un rôle primordial dans la réalisation des objectifs du Plan Maroc Vert (PMV), d’où l’importance du lancement du programme national de création des coopératives agricoles (2015-2020).

A la lumière de ce programme, une convention-cadre tripartite entre les ministères de l’agriculture, de l’Intérieur et de l’artisanat et de l’économie solidaire a été signée en décembre 2017. Cette initiative prône la création de nouvelles coopératives agricoles, la dynamisation des coopératives existantes et la transformation des associations porteuses de projets en coopératives, en vue d’atteindre 10.000 unités à l’horizon 2020.

L’objectif ultime étant de convertir les coopératives en structures productives autonomes et structurées dépassant les problèmes de commercialisation et de valorisation et consolidant la contribution de l’agriculture solidaire dans la sphère socio-économique.

En termes de chiffres, il s’agit d’organiser 750.000 agriculteurs en coopératives agricoles, Unions de coopératives agricoles et Groupement d’intérêt économique (GIE) d’ici 2020.

Des rencontres pour promouvoir cette conversion

Dans cette optique, l’ONCA (Office National du Conseil Agricole) a organisé une série d’ateliers provinciaux, en collaboration avec les directions régionales de l’agriculture pour sensibiliser les agriculteurs à l’importance du modèle économique coopératif.

Le dernier atelier en date est celui de Larache qui s’est tenu le vendredi 23 mars 2018.

Dans ce sens, l’ONCA permet de renforcer les capacités techniques, managériales et commerciales des acteurs locaux. En moyenne, plus de 150 coopératives ont été ciblées pour chaque rencontre.

Insertion des jeunes ruraux

L’agriculture demeure l’un des premiers secteurs pourvoyeurs d’emploi au Maroc. Selon les statistiques du HCP (RGPH 2014), les ruraux représentent 40% de la population marocaine et les jeunes ruraux sont près de 5.000.000. En effet, la jeunesse rurale est un potentiel considérable dont la valorisation constitue un défi crucial pour un développement rural durable.

C’est pourquoi le Plan Maroc Vert s’est engagé, à travers un grand nombre de réalisations, à soutenir l’entrepreneuriat en agriculture pour l’intégration des agriculteurs dans le développement socio-économique du royaume.

L’organisation sous forme de coopératives agricoles a réussi à dynamiser l’emploi dans le monde rural  au profit des paysans et des jeunes ruraux en  particulier, pour la lutte contre la précarité, la pauvreté et le chômage. Les organisations professionnelles  représentent l’avenir d’une agriculture marocaine qui ambitionne d’améliorer la chaîne de valeur et d’avoir un accès plus facile aux marchés et aux sources de financement.

De surcroît, le Fond de Développement Agricole (FDA) s’est donné l’objectif de promouvoir l’investissement privé dans le secteur agricole et de l’orienter, à travers des subventions et primes ciblées, vers des activités permettant une meilleure exploitation du potentiel agricole national. Le FDA s’est développé avec l’avancement du PMV  pour garantir des incitations dans l’ensemble des filières de production.

Ce nouveau système de subventions agricoles a donc fait bénéficier les coopératives agricoles d’un soutien de leur activité leur permettant d’assurer un certain niveau d’autonomie financière à la population d’agriculteurs.

En dépit des difficultés rencontrées par les coopératives agricoles marocaines, à savoir celles liées à la commercialisation et au manque de capacité managériale, ces formes d’organisation représentent un instrument efficace pour le développement du monde rural à travers l’organisation de secteurs productifs informels et la valorisation des produits du terroir. Elles sont un moyen d’auto emploi particulièrement pour les jeunes et les femmes en manque de débouchés au milieu rural.